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Témoignage Complet

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16-12-2006 - Témoignage

Bernadette et Emile Manche

Bernadette et Emile Manche - 10/2006: Madagascar est un grand et très beau pays dont nous avons visité un petit coin. Pays d’un autre âge où tout se fait à la main. La nature est belle, les gens accueillants, le tourisme y est facile si bien organisé et le pays n'est pas encore pollué par les étrangers, on y vit très proche de la nature qui donne la nourriture aux habitants et presque rien d'autre !
Depuis quelques jours déjà nous sommes rentrés de Madagascar…mais il m’a fallu quelques temps pour «  atterrir » et pouvoir vous en parler.

Tout d’abord nous avons eu le bonheur de passer 10 jours avec Xavier : il va bien mais nous avons pu réaliser, mieux encore que par courrier, la taille du défi qu’il a relevé durant cette première année à Antsirabe : sans se plaindre, il a du s’adapter dans le dépouillement et la solitude à sa fonction de prof (comme chez nous souvent = donner à boire à des gars qui n’ont pas soif!) à la vie austère et masculine d’un monastère retiré de la ville (je ne peux vous décrire la route pour y arriver) Il est maintenant prêt à utiliser cette première expérience pour vraiment accomplir son travail de «  précepteur de français »  des frères capucins ( certains parlent à peine le français , langue qui va être utilisée pour leurs deux années de philosophie qu’ils entament au grand séminaire) Xavier estime qu’il n’est pas mal loti puisqu’il a un toit , du riz , du travail…Comme quoi tout est relatif.

Le voyage


Comme vous le savez sans doute nous étions six : Emile, Xavier, Erna (la tante de Karen) et Roos (la maman de Karen) Roméo, notre guide, un malgache extraordinaire, et moi.

Madagascar est un grand et très beau pays dont nous avons visité un petit coin (1500km en 4x4)  pays d’un autre âge où tout se fait à la main (avec de nombreux savoir faire artisanaux oubliés depuis belle lurette chez nous). La nature est belle, les gens accueillants, le tourisme y est facile si bien organisé et le pays n'est pas encore pollué par les étrangers, on y vit très proche de la nature qui donne la nourriture aux habitants et presque rien d'autre! Je ne suis pas sûre que l'on puisse parler de pauvreté mais plutôt de dénuement: la plupart des gens  n'ont que la terre, le courage, leurs mains et leurs pieds et ils marchent beaucoup.

Quelques événements de notre périple pendant lequel nous avons beaucoup rigolé (Emile et Roméo étaient souvent sur la même longueur d’onde, Erna, néerlandophone comme Roos,  comprenait très bien tout ce qu’il fallait et même plutôt ce qu’il ne fallait pas!)

  • Le trajet en train : départ prévu à 7h du matin en réalité, la très vieille loco, réparée, a su démarrer à 13h et nous a conduit 150 km plus loin (au bord de l’océan indien : magnifique !) en 9 heures, avec 18 arrêts durant lesquels les marchandises sont chargées et déchargées par les habitants de la montagne qui vivraient dans le plus grand isolement si le train ne passait pas 2 fois par semaine. Le passage du train est un évènement salué de la main tout le long du chemin. Les enfants, les femmes accourent, pieds nus, dans les gares, et présentent aux voyageurs de la nourriture en tout  genre (bananes, écrevisses cuites, riz parfumé emballés dans des feuilles de bananiers, fruits), les enfants sollicités en malgache par Xavier chantaient tandis que nous attendions parfois inquiets, que le train reparte (non, étonnant vu l’état de la vieille loco,  il n’était pas en panne mais il fallait charger 6 tonnes de café sans aide mécanique bien sûr.)
  • Un trajet en pirogues (catamaran puisque deux pirogues sont reliées par un morceau de bois) sur le canal des Pangalanes pour voir une plantation de vanille en traversant un village de pécheurs (cases en bambous, légèrement surélevées, munies d’une porte et d’un volet en bois avec pour seul meuble une natte en roseau).
  • Moment émouvant quand les piroguiers se sont mis à chanter, au soleil couchant, les bougainvilliers exposant généreusement leurs fleurs jusqu’au ras de l’eau.
  • La balade dans la forêt escarpée de Ranomafana où nous avons eu la chance (grâce à un jeune guide efficace, courant tout le temps) de voir des vrais lémuriens dans leur milieu naturel : dont les petits mangeurs de bambous (taille: un gros chat), un sifaka, et aussi des gekos, des oiseaux et des orchidées sauvages : superbe!
  • La visite des ateliers artisanaux où on fabrique des objets en bois (bois de rose, palissandre, en marqueterie à Ambositra) en corne de zébu (oiseau, bracelets, bijoux). Nous avons vu le travail des brodeuses à la main sur la toile blanche, celui des cueilleuses de cocons de soie sauvage récoltés dans la nature, la fabrication des vrais caramels en sucre de canne, les papiers Antemoro réalisés à base d’écorce, la fabrication du raphia.
  • Bref difficile de résumer toutes ses sensations, odeurs et couleurs. Nous avons fait quelques photos et nous pensons faire un montage avec les photos d’Erna, celles que Xavier va nous envoyer mais c’est bien pâle à côté de la réalité et je vous avoue qu’il y a des choses impossible à photographier.
  • Sans doute avez-vous vu ou entendu parlé de l’arbre du voyageur, symbole de Madagascar, en malgache on dit «  ravalena », nous avons aussi découvert l’ami du voyageur, en malgache on dit «  Roméo ».
  • Vous l’avez compris, je ne peux que faire la publicité de ce pays et de notre ami Roméo à toute personne qui est tentée par la découverte de cette île merveilleuse et  par un tourisme équitable et respectueux .seule condition : une bonne santé ! Et des sous…mais seul le billet d'avion est cher, pas la vie sur place (on y mange très bien), il y a de bons hôtels et des tas de choses à faire tant dans le domaine sportif, découverte de la nature, que farniente au bord des océans.
  • Je rêve un peu...mais j’aimerais retourner quelques semaines à Madagascar, il y a tant de choses à y faire pour se rendre utile.

Nous avons des projets précis pour aider à l’équipement d’une école primaire et puis, un dispensaire, profitant que Xavier est là-bas pour une année encore, pour amener l’aide réellement sur place, sans intermédiaire Je vous en reparlerai quand les éléments concrets seront précisés.

haut de la page Last update : 03/01/2006